Pourquoi le froid change tout
Une thermopompe air-air extrait la chaleur de l’air extérieur. À −8 °C, il y en a encore beaucoup; à −25 °C, beaucoup moins, et le compresseur doit travailler bien plus fort pour la capter. Deux conséquences :
- la capacité (la quantité de chaleur livrée) diminue quand il fait plus froid;
- l’efficacité (la chaleur livrée pour chaque kilowattheure consommé) diminue aussi.
À Sherbrooke, la moyenne des températures minimales de janvier est d’environ −18 °C selon les normales d’Environnement Canada. Une bonne partie de l’hiver se passe donc dans la zone où les appareils ordinaires décrochent.
Les cinq chiffres à comparer
1. La capacité de chauffage à −8 °C
C’est la valeur officielle qu’Hydro-Québec publie pour chaque modèle admissible, et celle qui fixe la subvention LogisVert. Elle est souvent plus basse que la puissance nominale inscrite dans le nom du modèle. Consultez la liste des thermopompes admissibles.
2. La capacité et le rendement à −15 °C
C’est là que se jouent les nuits de janvier. Selon Protégez-Vous, un modèle « climat froid » doit avoir un coefficient de performance (COP) d’au moins 1,75 à −15 °C : il produit encore au moins 1,75 fois plus de chaleur que l’électricité qu’il consomme. Demandez la fiche technique complète : les bons fabricants publient la capacité à −15 °C, voire à −25 °C.
3. Le CPSC (HSPF)
Le coefficient de performance de la saison de chauffage mesure l’efficacité sur tout l’hiver. Protégez-Vous indique qu’il doit être d’au moins 7,2 pour ENERGY STAR et d’au moins 8,1 pour la mention « climat froid ». Plus il est élevé, mieux c’est.
4. La température minimale de fonctionnement
Le chiffre publicitaire (« jusqu’à −30 °C ») dit seulement que l’appareil ne s’arrête pas avant cette température. Combiné à la capacité à −15 °C, il indique si l’appareil sera encore utile pendant une vague de froid.
5. Le réfrigérant
Protégez-Vous rappelle que le R-410A, le plus courant, a un potentiel de réchauffement planétaire de 2 088, alors que le R-32 est à 675 et le R-454B à 466. À performance égale, un réfrigérant à plus faible impact est un avantage.
Les détails de conception qui comptent en Estrie
- Un bac de base chauffé ou un dégivrage bien conçu, pour que l’eau de dégivrage ne regèle pas dans l’appareil.
- Un compresseur à vitesse variable (inverter), qui module sa puissance au lieu de fonctionner en tout ou rien.
- Un bon réseau de service dans la région : la meilleure thermopompe du monde ne sert à rien si personne ne répare cette marque à moins d’une heure de route.
Et le point d’équilibre?
Protégez-Vous le situe généralement entre −15 °C et −30 °C : c’est la température sous laquelle la thermopompe ne suffit plus seule. Avec un modèle « climat froid » bien dimensionné, ce point descend, et votre chauffage d’appoint fonctionne moins souvent. Pour dimensionner, lisez combien de BTU pour votre maison.
La marque?
Plutôt qu’une marque, comparez des modèles : chaque grand fabricant offre des appareils d’entrée de gamme et des appareils conçus pour le froid. Deux soumissions de marques différentes se comparent avec les chiffres ci-dessus, pas avec le logo. Pour une maison avec conduits, voyez aussi la thermopompe centrale, et pour Sherbrooke, thermopompe à Sherbrooke.
Le bonus : la subvention
Un modèle ENERGY STAR « climat froid » rapporte 120 $ par 1 000 BTU/h à −8 °C, contre 50 $ pour un modèle ENERGY STAR ordinaire. Faites l’essai avec le calculateur. Pour un chalet, ou une maison de Coaticook près de la frontière du Vermont, c’est la catégorie à privilégier : voir aussi la thermopompe au chalet.